Plus de contrôle avec les “bateaux poubelles” en Europe ?

Un an après la catastrophe de l’Erika, le pétrolier qui avait sombré aux larges des côtes bretonnes, l’Union européenne (UE) vient d’adopter une série de mesures pour renforcer la sécurité maritime le long de ses 60 000 kilomètres de côtes. Une enquête vient de montrer que la coque de l’Erika était complètement rongée par la rouille et qu’il n’aurait jamais dû naviguer.

Les décisions visent donc en premier lieu les sociétés chargées de contrôler l’état des navires. Régulièrement, en effet, les propriétaires doivent faire vérifier leurs bateaux afin de s’assurer qu’ils peuvent prendre la mer sans danger. Or, certaines sociétés n’effectuent pas des contrôles sérieux. Parfois même, elles sont malhonnêtes : elles reçoivent illégalement de l’argent des propriétaires des navires. En retour, elles délivrent des autorisations de naviguer même si les bateaux examinés ne sont pas en état de prendre la mer. Désormais, ces sociétés seront tenues responsables en cas d’accident. Par ailleurs, les quelque 4 400 navires considérés comme dangereux ne pourront plus naviguer dans les eaux européennes s’ils ont été immobilisés au moins 2 fois en 3 ans dans les ports de l’UE pour raison de sécurité.

Et, seuls les pétroliers à double coque (les plus sûrs) pourront entrer dans les eaux européennes à partir de 2015. Ainsi, de 2003 à 2015, tous les pétroliers à coque unique seront progressivement éliminés. Enfin, d’ici 5 ans, les navires seront équipés de boîtes noires, comme c’est déjà le cas pour les avions. Ces boîtes enregistrent les instructions et les informations techniques durant une traversée. En cas de problème, toutes ces données permettent aux enquêteurs d’identifier les causes de l’accident. L’ensemble de ces décisions devraient pouvoir s’appliquer avant le mois d’avril 2001. Union européenne : groupe de 15 pays d’Europe liés par des accords politiques et économiques.

 

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